La révolution de l'épargne

Livret A, contrat d'assurance-vie en euros… la plupart des placements sans risque ne rapportent plus rien, quand ils ne font pas carrément perdre de l'argent. Comment protéger son épargne de l'inflation et en tirer quelque rentabilité ? Il existe plus de solutions qu'on ne le croit… Et des experts pour vous aider à changer de paradigme.

 

 

Zéro pourcent, c'est ce que garantissent aujourd'hui la plupart des assurances-vie dites en euros, c'est-à-dire sans risque. « C'est déjà un exploit », réagit Olivier Mariée, directeur commercial d'Axa France. En effet, comme l'a souligné Gérard Bekerman, président de l'association Afer lors de ses Assises de l'épargne, le 28 octobre dernier, si la baisse des taux d'intérêt est une très bonne nouvelle pour les emprunteurs qui achètent leur maison, à l'inverse, c'en est une très mauvaise pour l'épargnant, en particulier celui qui place son argent sur le fonds sans risque de l'assurance-vie. Pourquoi ? Parce que le gérant de cette épargne l'investit en titres d'emprunt pour éviter de prendre des risques et pour assurer la liquidité à tout moment. « Un tiers des actifs des assureurs sont aujourd'hui à taux nul ou négatif », nous confie Patrick Montagner, premier secrétaire général adjoint de l'ACPR, c'est-à-dire le régulateur des assureurs et des banques. Et selon lui « il n'est pas aberrant de penser que les rendements des assureurs vont continuer de baisser ».

 

Une situation « qui prend en étau la solvabilité et la rentabilité des compagnies », constatait Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, lors de la récente conférence internationale de la Fédération française de l'assurance (FFA). « La diminution du rendement du fonds en euros est certaine, a-t-il lancé à l'assemblée d'assureurs. Prétendre le contraire, c'est mentir aux épargnants. » Pour autant, en leur lançant « pas de panique, pas de panique », le ministre s'est voulu rassurant, compte tenu des réserves accumulées par la plupart des assureurs-vie : en moyenne, ils détiennent près de 5% de « provision de participation aux bénéfices », soit deux ou trois ans de rendement. « Notre rôle n'est pas de pousser des cris d'orfraie », a asséné le patron de Bercy. De fait, ces taux négatifs qui font qu'un emprunt ne rapporte pas, mais coûte de l'argent, emmènent assureurs et épargnants en terre inconnue. « L'assurance-vie en euros a vécu, il faut la réinventer », estime Patrick Montagner.

 

 
L'assurance-vie classique ne paie plus

 

Les épargnants n'ont souvent pas conscience que l'argent placé à court terme ne peut plus aujourd'hui que garantir… de perdre en pouvoir d'achat, du fait de l'inflation, estimée cette année entre 1,2 et 1,4%. Pratiquement aucune assurance-vie en euros ne devrait être en rendement réel positif net d'inflation et net des 17,2% de prélèvements sociaux (non compris dans les taux affichés par les compagnies). Plus de 80% de l'épargne financière des Français est investie en placements de taux, donc à rendement quasi nul ! Contre toute logique, les épargnants ont affecté sur ces douze derniers mois 99% de leurs 115 milliards d'euros de flux d'épargne à ces placements, dont près de la moitié en dépôts à vue, sans rémunération. Ce qui fait dire à Brice Pineau, président de la société Harvest spécialisée dans la gestion de patrimoine, que « l'appauvrissement de l'épargnant, déjà en marche, va s'accélérer compte tenu des alertes lancées récemment par les assureurs sur les fonds en euros ».

 

Comme le souligne Meyer Azogui, président de Cyrus Conseil, le plus important cabinet de gestion de fortune en France, « nous vivons l'an 1 de la révolution de l'épargne » (lire aussi son interview p. 118). Il y a quelques années encore, explique cet expert reconnu, pour gagner 3% de performance, on n'avait rien d'autre à faire que de placer

 

son épargne sur une bonne assurance-vie en euros. La martingale a fonctionné pendant plus de trente ans. Et ce placement sans risque est devenu la grande vedette du patrimoine des Français, avec aujourd'hui plus de 1 400 milliards d'euros. « La sécurité ne paye plus, c'est un changement de paradigme », prévient Gérard Bekerman, président de l'Afer, une association qui compte maintenant 800 000 adhérents. « Désormais, pour protéger son épargne, recommande Meyer Azogui, il n'y a pas d'autre solution qu'une prise de risque et l'acceptation d'une part d'illiquidité » (la notion de liquidité signifiant une disponibilité au jour le jour).

 

 

PER et eurocroissance pour le long terme
 

« La quasi-totalité de l'épargne financière des Français est aujourd'hui placée à court terme », observe Lionel Corre, de la Direction générale du Trésor, donc à quasiment 0%, net d'inflation. Ce qui se comprend pour qui a besoin de son argent du jour au lendemain, mais pas pour un horizon lointain. « Placer à 1% à horizon de trente ans, pour la retraite, sur une assurance-vie en euros n'a absolument aucun sens aujourd'hui ! » renchérit Jean-François Cirelli, le président de BlackRock France. Lionel Corre fait encore remarquer que les Français conservent leur assurance-vie en moyenne treize ans. La logique financière voudrait que les assureurs placent leur argent sur le même horizon et recherchent des performances dynamiques en Bourse et en immobilier. Or la « duration moyenne » (par rapport à l'échéance des titres achetés) de l'actif des compagnies est de six ans, à cause de la règle de liquidité, c'est-à-dire de la possibilité pour l'épargnant de reprendre son argent à tout moment. À six ans, aujourd'hui, il est impossible de faire mieux qu'environ zéro pourcent sans risque ! D'où l'intérêt du tout nouveau Plan d'épargne retraite (le PER) dont l'idée est de permettre au gérant de prendre davantage de risques pour rechercher plus de performance, dès lors que l'horizon de placement est lointain. « L'objectif de ce PER est, dans l'intérêt de l'épargnant comme de l'économie, de repositionner l'épargne vers du long terme », explique Lionel Corre. C'est aussi l'intérêt de cette nouvelle forme d'assurance-vie qu'on appelle « l'eurocroissance », avec une garantie du capital à l'échéance choisie par le souscripteur.

 

« UC » et structurés pour la performance
 

D'où l'intérêt aussi des « UC » (unités de compte) des assurances-vie. Traduction : votre argent n'est pas libellé en euros, mais en parts de fonds d'investissement qui peuvent être très divers : immobilier (par exemple en SCPI, société civile de placement immobilier, OPCI, organisme de placement collectif en immobilier), Bourse, private equity (en actions de sociétés non cotées en Bourse), fonds de dettes privées (en emprunts d'entreprises). Il existe une nouvelle classe d'actifs qui peut être intéressante dans ou hors contrat d'assurance-vie, les « structurés ». Ce sont des promesses de performance liés à l'évolution d'un indice boursier, avec ce qu'on appelle une « barrière désactivante » (au-delà de laquelle la protection n'est plus activée). Ce qui se traduit par cette formule : « Je vous promets x%, sauf si l'indice boursier à l'échéance a baissé de plus de y%. » Une offre évidemment séduisante face à une conjoncture boursière très volatile. Adequity (Société Générale), Privalto (BNP Paribas), Agapan Solutions (Natixis)… proposent ce type de placement. Les gestionnaires de fortune y croient beaucoup ; depuis cinq ans, plus de 200 « structurés », pour un encours d'environ 1 milliard d'euros, ont été proposés aux clients du cabinet Cyrus Conseil. Mais la complexité de ces mécaniques financières exigent un cahier des charges très serré, donc le conseil d'un professionnel très averti. Cela d'autant que les produits grand public peuvent être truffés de frais et de pièges, comme cela s'est vu par le passé.

 

« La solution pour protéger son épargne, juste protéger son argent, passe par de nouvelles exigences : diversification, prise de risque, vision de long terme », poursuit Meyer Azogui. La gestion de patrimoine ressemble aujourd'hui à une table de mixage avec des curseurs qui font que la partition musicale résonne bien ou pas. Ces curseurs, ce sont les paramètres de tout placement : les contraintes de liquidité (en immobilier ou lorsqu'on investit dans des entreprises non cotées, on ne peut pas récupérer son argent du jour au lendemain), la fiscalité (plafonnée à 30% pour les placements financiers mais jusqu'à plus de 60% pour l'immobilier locatif), les frais (très faibles sur les fonds boursiers indiciels qu'on appelle trackers ou ETF, mais très lourds en immobilier) et le niveau de risque. Reste à trouver le bon chef d'orchestre, entre la banque privée (dans les grands réseaux), le conseil en gestion de patrimoine indépendant, le family office (gestionnaire de très grandes fortunes, en général au-delà de 20 millions d'euros).

 

Le conseiller, incontournable
 

Aujourd'hui, la partition patrimoniale est compliquée, on ne peut plus se contenter de mettre le paquet sur l'assurance-vie en euros. « Sale temps pour l'épargne ! » lance Meyer Azogui, qui se réjouit quand même : « Cette révolution remet le conseil au coeur de notre métier de conseiller. » Désormais, ne pas prendre de risque, c'est en prendre un ! Accumuler de l'assurance-vie en euros et de l'épargne réglementée fera « gagner » à l'avenir sans doute moins que l'inflation. La Bourse comporte certes des risques de perte en capital à court terme, mais aujourd'hui il est utile d'avoir en tête qu'une bonne Sicav en actions françaises a fait « gagner » ces huit dernières années l'équivalent de 100 ans de livret A à 0,75% (qui devrait bientôt baisser à 0,5%). Le livret A du grand-père, du père, du fils ne suffiraient pas. Le passé ne préjuge pas de l'avenir, mais il en donne une idée !

La gamme de solutions ne se limite pas à l'opposition placement sans risque versus placement boursier. Comme le fait observer le président de Cyrus Conseil, « notre offre n'a jamais été aussi large ». C'est même à ne plus savoir où donner de la tête, entre les SCPI et OPCI (en immobilier locatif d'entreprises), les FPCI (fonds professionnel de capital-investissement) qui investissent dans les entreprises non cotées, dans l'hôtellerie ou dans l'immobilier, les structurés, toutes les variantes de fonds en Bourse comme les « thématiques » (par exemple les entreprises en pointe sur l'intelligence artificielle ou sur la robotique), les fonds de dettes privées (qui misent sur les emprunts lancés par les entreprises), la finance responsable (avec l'optique environnementale), la finance solidaire, les vignobles et les actifs forestiers en direct ou par l'intermédiaire de groupement d'investissement… et bien sûr le marché de l'art.

 

 

 

On peut encore citer les trackers, autrement appelés ETF (Exchange Traded Funds), qui sont des Sicav reproduisant un indice boursier. Cette gestion indicielle à coûts presque nuls pour l'épargnant « va considérablement se développer pour des questions de performance et de coûts », pronostique Jean-François Cirelli, le patron de BlackRock pour la France, la Belgique et le Luxembourg (la filiale iShares étant l'un des leaders mondiaux avec Vanguard). La palette du peintre patrimonial n'a jamais présenté un tel nuancier de couleurs plus ou moins audacieuses ! Pour ce faire, à qui se fier ? À un professionnel. Certainement pas à celui qui fait croire qu'on peut faire mieux que 1 ou 2% sans prendre de risque !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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