Déjeuner de presse du jeudi 14 janvier 2021 : 2021, une année charnière et d’opportunités


Le marché de la GP

Que peut-on retenir de l’année 2020 ?

  1. Un marché résilient : un métier de contact humain qui n’a pas été mis à l’arrêt et qui a dû se réinventer.

  2. Un marché en croissance : Le taux d’épargne est très élevé en France et le nombre de millionnaires augmente.

  3. Un marché à forte rotation de l’offre : moins d’assurance vie (forte décollecte), beaucoup de liquidités (précaution et indécision), plus de solutions sur mesure (produits structurés, immobilier avec les clubs deals, plus d’opportunités nouvelles).

  4. Un marché en phase de consolidation et de segmentation : du fait de la réglementation, une augmentation du seuil d’éligibilité de banques spécialisée et un regroupement actif côté CGP.

  5. Un marché en mutation avec l’arrivée de fonds d’investissements.


Quelle sont les perspectives 2021 ?

  • « 2020 était l’An de la révolution de l’épargne », la réalité a dépassé la vision ! »

  1. Une première historique : des taux négatifs durables,

  2. Des liquidités et des taux d’épargne records,

  3. Un recul de l’assurance vie, placement préféré des français : « un vrai désamour, mais pas encore de divorce ! »,

  4. Une volatilité exceptionnelle : la plus forte hausse mensuelle et la plus forte baisse dans la même année,

  5. Pas de panique des épargnants face à la situation, au contraire une appétence pour les opportunités de marchés.

  • 2021, année charnière et d’opportunités

  1. L’accès à l’information est devenu essentiel : la plus grande inégalité du moment car ceux qui ne sont pas informés ou accompagnés sont pénalisés dans le contexte actuel. " Être accompagné ou ne pas l’être ?" la question ne se pose plus : il n’y a aucune évidence et il existe de très nombreuses opportunités qu’il faut pouvoir sélectionner rapidement pour agir vite.

  2. Les gagnants seront ceux qui ont du cash pour saisir ces opportunités.

  3. La diversification devra être renforcée pour décorréler le risque.

  4. Plus d’audace et plus de risque seront les maîtres mots de la performance en 2021.

  • Concernant la stratégie patrimoniale, nous entrons dans une année préélectorale et sous la contrainte du Covid : ce qui devrait apporter une relative sérénité en matière de nouvelles mesures, les urgences étant ailleurs. La LDF 2021 est sans surprise sur le plan patrimonial et cela est une bonne nouvelle : C’est l’opportunité de réfléchir et de prendre des décisions en profitant de cette stabilité temporaire.


En matière de fiscalité, la baisse de l’IS pour les sociétés a été maintenue et renforce l’intérêt de réaliser des investissements dans des sociétés.


Pour les entrepreneurs, il y a deux points qui méritent une attention particulière pour les entreprises propriétaires de leur immobilier d’exploitation. D’abord la possibilité de réévaluation d’actifs sans impact fiscal direct (avec un étalement ou report de la fiscalité) qui va permettre d’améliorer les bilans des entreprises. Ensuite le retour en grâce des opérations de lease-back va faciliter l’accès au crédit.


Les jurisprudences récentes vont également dans le sens de la stabilité et permettent d'organiser sereinement des stratégies sur le long terme. Ainsi, le pacte Dutreil se pérennise et s’assouplit d'année en année. Il faut inciter les entrepreneurs à mettre en place ce type de dispositif protecteur de l’entreprise et du patrimoine familial.


Reste le sujet de la holding animatrice : beaucoup d’entrepreneurs utilisent ce statut juridique qui offrent certains avantages, mais aucun texte ne la définit clairement : seules les jurisprudences permettent de construire une définition, empiriquement. Les dernières décisions sont rassurantes car elles s’attachent à un faisceau d’indices plutôt qu’à une myriade de conditions fixes.


« En 2021, nous sommes dans une bulle de sérénité avant le tumulte de 2022 »

  • Il y a beaucoup de liquidités disponibles, notamment dans les comptes des entreprises. La fiscalité plafonnée à 34% sur la distribution des dividendes risque de ne pas tenir le choc post Covid et les élections présidentielles ;

  • Une année charnière est toujours propice à la réflexion pour avancer sur des sujets de fond comme la transmission. « Il faut sortir de l’idée que c’était mieux avant, car ce pourrait être pire demain ! ».

  • Il y a beaucoup de dispositifs qui peuvent faciliter la protection du patrimoine : le démembrement, la possibilité pour le donateur de payer les droits sans que cela ne soit une donation complémentaire, la réincorporation des anciennes donations dans de nouvelles donations transgénérationnelles…

Donc, profiter de 2021, pour faire un bilan et ajuster son organisation patrimoniale parait une bonne idée.

  • En ce qui concerne les marchés financiers, 2020, « l’année folle » peut être résumé à trois constats : le prix négatif du pétrole, les traders amateurs qui ont été meilleurs que les experts des Hedge Funds et des valeurs technologiques qui ont connu une forte croissance.


Pour 2021, nous démarrons avec des marchés élevés. Trois postulats peuvent être retenus :

  • La croissance va revenir, c’est une certitude, reste à savoir à partir de quand,

  • La vie va retrouver un rythme normal à partir de l’été avec une sortie de la pandémie si la vaccination est efficace,

  • La déconnexion des marchés de l’actualité est réelle : on l’a vu avec l’invasion du Capitole au moment où les indices caracolaient au plus haut.

Pour autant, il faut se méfier du « chien qui n’aboie pas » : le PNB mondial a chuté de 4,5%, les défaillances d’entreprise en 2020 sont inférieures à celles de 2019 du fait des politiques de soutien. Qu’en sera-t-il quand on arrêtera la perfusion ? Le couple vaccination/ perfusion sera donc notre point de mire de cette année.


En matière d’investissement, nous travaillons sur 4 classes d’actifs : le financier, l’immobilier, le non coté et la dette.

2020 a été caractérisé par un transfert important des fonds euros des contrats d’assurance vie vers les produits structurés dont la rémunération peut varier entre 5 et 15% l’an.

2021 sera une année de rappel avec des réinvestissements offrant des coupons encore intéressants et une protection du capital qui reste comprise entre 40 et 50%. Par exemple, nous venons de proposer un produits France/Allemagne qui propose un rendement de 7,5% par an sur un indice avec une protection du capital à – 40%.


Pour le non coté, nous travaillons avec de grande signature comme Ardian et Bridgepoint avec des rendements obligataires de 6 à 7 %.


Enfin, nous nous intéressons au non coté secondaire avec Idinvest qui profite de la bonne tenue des LBO.


Nous poursuivons notre approche RSE, démarche incontournable pour les institutionnels, et importante pour les particuliers car elle donne du sens à leur patrimoine. Nous nous inscrivons dans cette dynamique avec certains de nos produits : à titre d’exemple, nous sommes fiers d’avoir permis avec nos clients de planter 10 000 arbres cette année.

  • Le marché immobilier, malgré la pandémie, reste attractif avec un spread de 3% entre les taux de crédit et de rendement locatif. On estime que cet avantage peut encore exister pour les 2/3 prochaines années, ce qui favorise le recours au crédit pour les acquisitions.

Cependant le financement, notamment pour les particuliers, va être plus difficile.


Au-delà de ce premier constat, nous avons la conviction qu’il y aura de belles opportunités à saisir dans toutes les classes d’actifs du secteur. Il faudra être sélectif et intégrer, tout comme le financier, des critères RSE de normes environnementales qui vont participer à la valorisation des actifs.


Nous avons créé un fonds hôtelier en 2020. Le pari peut paraître osé mais il repose sur plusieurs facteurs positifs :

  • Nous parions sur une sortie de crise en septembre et donc sur une reprise d’activité à ce moment-là.

  • Nous estimons que le redémarrage sera rapide et brutal dans un premier temps.

  • Nous constatons une vraie résilience dans le secteur du tourisme malgré le blocage pendant la pandémie.

  • Nous savons que le secteur va subir de fortes décotes avant la reprise d’un rythme normal à partir de 2023.

  • Le cash permettra de saisir de belles opportunités.

Sur le marché du bureau, la pandémie va changer l’organisation des surfaces professionnelles et donc il faudra être très sélectif, mais il y aura aussi des affaires à regarder. Pour les SCPI, le marché est porteur. Nous avons été novateur en son temps avec la SCPI Allemande créée par PAREF, en 2020 nous avons choisi ACTIVIMMO qui investit dans la logistique du dernier km et nous avons représenté 20% de la collecte de cette SCPI. Notre expertise en club deal a été freiné en 2020 avec une diminution des opérations. Nous comptons sur beaucoup d’opportunités et beaucoup de dossiers à étudier en 2021. Le dernier à Opéra nous a montré qu’on pouvait réaliser une très belle acquisition avec décote en « prime » dans un quartier qui continue sa progression des prix au m². Enfin, pour l’immobilier résidentiel, nous sommes sélectifs sur de belles villes régionales à fort potentiel de croissance comme Lyon, Rennes, Nantes et Montpellier. Nous sommes sortis de Bordeaux pour le moment. Il y a une tension sur la demande avec une offre insuffisante, ce qui est favorable pour le secteur. Et nous avons plusieurs projets en cours avec la création du fonds Phoenix 3 (50 M€ de collecte) et le lancement de Proxima vie. « En 2021, il faudra donc avoir du cash et être à l’affut des opportunités qui ne manqueront pas d’émerger ».