Cyrus anticipe une « année record »

Le cabinet, acteur de référence de la gestion de patrimoine, tenait en octobre sa conférence annuelle. Son président a fait le point sur sa stratégie d'allocation et ses convictions, avec une préférence marquée pour les structurés et le non coté. En collecte brute, Cyrus Conseil pense dépasser les 500 M€.


« C'est l'an 1 de la révolution du monde de l'épargne, pour les clients et pour les conseillers », lance d'emblée Meyer Azogui, président de Cyrus Conseil. Il l'explique par quatre marqueurs. Tout d'abord, « cette révolution est portée par la prise de conscience de l'absence de rémunération du place­ment sans risque puisque le livret A des riches, c'est ­à-dire le fonds en euros de l'assurance vie, ne rap­porte plus. Mais je n'ai pas d'inquiétudes sur les fonds en euros »


L'autre événement clé, c'est « le lancement de la retraite par capitalisation » avec le Plan d'épargne retraite (PER). « Ce qui est certain c'est que le PER va être un outil incontournable mais pour l'instant notre offre clients n'est pas encore arrêtée ». Cyrus s'inter­roge sur l'opportunité d'avoir un pôle de conseil dédié à la retraite.


Troisième bouleversement, la transparence des rémunérations. Et quatrièmement, l'avènement des néo-banques et une relation de plus en plus digitale avec le client. « Jusqu'à présent, les fintechs n'ont pas révolutionné le monde de l'épargne, mais elles ont fait évoluer les modes de communication et de compréhension ». Cyrus lance en ce moment son application pour permettre à ses clients de suivre l'évolution de leurs actifs.


Conséquence de cette « révolution » sur l'argent sans risque, « c'est le retour à la hiérarchie des place­ments. La question clé est de savoir si l'assurance vie va continuer à drainer l'épargne longue » (chez Cyrus, jusqu'à présent, 90 % de l'épargne financière se faisait via l'assurance vie). Selon Meyer Azogui, le PEA peut reprendre de la vigueur, notamment sur le créneau des actions non cotées, de plus en plus de jeunes manifestant un intérêt sur les titres non cotés de jeunes entreprises.


Attention à la bulle invisible de la dette privée Le président de Cyrus croit à « l'essor de nouvelles classes d'actifs qui vont se démocratiser », à com­mencer par les structurés, le non coté et les club deals (ou les FPCI) en immobilier .... Il met en garde sur « la bulle la plus invisible, celle de la dette privée », Cyrus préférant « fuir » ce segment de marché, le rendement ne correspondant pas à la prise de risque. En termes d'allocation pour avoir du 3 %, il suffisait de placer sur le fonds en euros. Aujourd'hui, Cyrus recommande cette répartition 25 % sur le fonds en euros et 75 % en « diversifica­tion et décorrélation » sur la base de six classes d'ac­tifs : (fonds en euros, fonds obligataires, structurés, SCPl-immobilier, actions cotées, actions non cotées, cf la répartition type de Cyrus). Selon Jean­-Philippe Muge, directeur des investissements d'ln­vest AM (société de gestion filiale de Cyrus), en cinq ans, plus de 200 structurés, pour un encours d'envi­ron 1 Md€, ont été émis auprès des clients. Aujourd'hui, à noter, le cabinet propose surtout des structurés actions de distribution (7,5 % par tri­mestre pour l'offre en cours, avec barrière désacti­vante à -20 % de l'indice de référence).


En résumé, « sale temps pour l'épargne I Mais,cette révolution remet le conseil au cœur de notre métier ». D'un point de vue professionnel Meyer Azogui « croit à la concentration du capital ». Pour lui, « deux maîtres mots » s'imposent aux cabinets : d'abord la segmentation de la clientèle et ensuite la concentra­tion parce que « nos industries deviennent de plus en plus capitalistiques ».


ALLOCATION TYPE DE CYRUS CONSEIL POUR UN OBJECTIF DE 5 % DE PERFORMANCE