Malgré la baisse des rendements l’assurance-vie toujours prisée


« Quand je me regarde je me désole, quand je me compare je me rassure » : voilà qui sied à merveille à l’assurance-vie, placement préféré des Français et amené à le rester faute de concurrents offrant les mêmes avantages. En termes de rendement d’abord. « Il faut l’accepter, l’argent à la fois liquide et garanti en capital ne rapporte plus », prévient Stéphane Absolu, chez Cyrus Conseil. Dans ce contexte morose pour les épargnants, les maigres rendements de l’assurance-vie apparaissent finalement appréciables. Les plans d’épargne logement (PEL) ouverts depuis le 1er août 2016 ne rapportent en effet plus que 1 % par an (0,7 % après impôt pour les nouveaux plans), de même que les livrets bancaires les plus compétitifs. Quant au livret A, sa rémunération a été gelée pour deux ans à 0,75 %. « Si l’on n’est prêt à prendre aucun risque pour son épargne, les fonds en euros restent incontournables », explique Philippe Crevel, directeur du cercle de l’épargne.

L’assurance-vie conserve par ailleurs tout son avantage dans le cadre d’une succession. Si le gou-vernement a modifié la fiscalité de ce placement, il n’a pas touché à son cadre juridique : les primes versées sont exclues de la succession du souscripteur, et donc du paiement des droits de succession. Celui-ci est par ailleurs libre de désigner le bénéficiaire de son choix, qui profitera d’une fiscalité allégée au moment de la transmission (20 % de droits après abattement de 152 000 euros pour les primes versées avant 70 ans). « C’est une solution particulièrement adaptée pour les couples qui ne sont pas liés par le mariage et pour les familles recomposées », explique Christine Valence, ingénieur patrimonial chez BNP Paribas Banque Privée. Seule limite à ce dispositif : les pri-mes versées via l’assurance-vie ne doivent pas être « manifestement exagérées » au regard des capacités du souscripteur. Celui-ci ne doit pas avoir sciemment cherché à se sous-traire aux droits de succession…

« Une pincée de compte-titres »

L’assurance-vie offre enfin aux épargnants qui souhaitent prendre un peu plus de risques la possibilité de le faire via les unités de compte, une stratégie qu’encouragent de plus en plus les assureurs. « Immobilier, obligations, actions de zones géographiques variées… Les contrats d’as-surance-vie permettent d’accéder à une grande diversité d’actifs », se félicite Erwan Grumellon, chez SwissLife. Si le compte-titres retrouve de l’intérêt grâce à l’introduction de la flat tax (la fiscalité sur les dividendes est passée depuis le 1er janvier de 60,5 % à 30 % au maximum), il est loin de cumuler tous les avantages de l’assurance-vie, de même que le PEA. « Il peut être intéressant de remettre une pincée de compte-titres dans son patrimoine, mais pas plus », conseille Stéphane Absolu. Le plus sérieux concurrent de l’assurance-vie auprès des épargnants français reste encore l’im-mobilier, au grand dam du gouvernement, qui souhaite les détourner de la pierre. « L’année dernière, les rachats effectués sur les contrats d’assurance-vie ont probablement financé nombre d’achats immobiliers, estime Philippe Crevel. Mais je doute que les épargnants qui investissent dans la pierre aient une idée très claire du taux de rendement que leur placement leur rapporte… » ■

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