Le Private Equity : une classe d'actifs à part entière


Le Private Equity, appelé aussi capital­ investissement, permet d'accéder à l'univers des entreprises non cotées. Il s'agit d'un mode de financement qui consiste à investir au capital des entreprises.

Le Private Equity est resté souvent inac­cessible pour un investisseur privé en raison du montant minimum à investir pour répondre à des besoins de finan­cement importants. Désormais, cette classe d'actifs s'est démocratisée et trouve aujourd'hui toute sa place dans un patrimoine grâce à de nouveaux instruments collectifs qui ont vu le jour ces dernières années.

En effet, en fonction de l'âge de l'inves­tisseur et du niveau de risque souhaité, une poche variant de 5 à 10 % du patri­moine peut être allouée aux fonds de pri­vate equity. Ils offriront la perspective d'une plus value élevée mais également la décorrélation des marchés financiers dans un monde où les incertitudes bour­sières reposent davantage sur des pro­blématiques géopolitiques qu'écono­miques, parier directement sur la bonne santé des entreprises européennes peut être un atout.

L'industrie du Private Equity se répartit en trois grandes familles d'investisse­ments :

• Le capital risque appelé aussi capital innovation, • Le capital développement, • Le capital transmission.

Le capital risque ou capital innovation est la branche qui finance les entreprises avec un potentiel prometteur mais sou­vent à un stade de développement embryonnaire, avant même de générer du chiffre d'affaires. Les fonds d'inves­tissement apportent, à ce stade, un appui stratégique et financier à l'entreprise. Le recours à la dette n'est pas envisagé en raison d'une structure financière encore trop fragile. li s'agit de la branche la plus risquée mais également celle qui poten­tiellement offre le rendement le plus élevé en cas de succès.

Le capital développement accompagne quant à lui les PME arrivées au stade de la croissance de leur chiffre d'affaires et dont les résultats sont satisfaisants qui nécessitent un besoin complémentaire en fonds propres pour accélérer leur développement (à l'international, recru­tement de nouveaux talents ... ]. li s'agit d'une source de financement indispen­sable pour les PME lorsque le recours à l'endettement bancaire atteint ses limi­tes.

Enfin, le capital transmission consiste à financer la cession de l'entreprise qui se matérialise souvent par une prise de participation majoritaire dans des entre­prises matures avec recours à l'endet­tement [Leverage Buy Out]. Le fonds d'investissement apporte toute son expertise pour permettre à l'entreprise cible d'accélérer son développement avec la pénétration de nouveaux mar­chés, des opérations de croissances externes. Le management est le plus souvent associé à l'opération, ce qui per­met de le fidéliser et de le motiver au suc­cès de l'opération.

Les investisseurs auront intérêt à privi­légier ces secteurs du capital développement et transmission car ils offrent de belles perspectives tout en ayant un risque moins élevé que dans les phases de démarrage.

Il reste une catégorie à part, le capital retournement. li s'agit ici d'accompagner des entreprises en difficulté mais qui recèlent un fort potentiel de réversion et qui s'accompagne très souvent, au pré­alable, d'une renégociation de la dette existante.

DES PERFORMANCES ÉLEVÉES MAIS DISPARATES

Avec un taux de rendement supérieur à 10 % par an sur les 30 dernières années, le Private Equity est l'une des classes d'actifs les plus rentables, mais aussi, une des plus risquées. Toutefois, des écarts importants existent entre les différentes branches du Private Equity et surtout entre les différentes équipes de gestion. Par exemple, dans 1 'univers du capital transmission, le premier quartile, qui représente les meilleurs fonds d'in­vestissement, réalise en moyenne, depuis 30 ans, une performance deux fois supérieure à celle du deuxième quar­tile (25,6 % contre 12,3 %, source EY]. !.'.écart se creuse encore plus avec le der­nier quartile qui affiche en moyenne une performance négative de 3,1 % par an.

Il convient donc de bien comprendre les risques et les enjeux du Private Equity avant d'investir. Là encore, il doit cor­respondre à une stratégie patrimoniale qui valide le niveau de risque et d'illiquidité temporaire qui justifient une performance à terme supérieure aux autres classes d'actifs.

Valérie Chays, Directrice Associé, Cyrus Dijon

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