« On peut revenir sur les actions européennes »


Pour Gilles Etcheberrigaray, directeur général d'Invest AM, la correction a été purement technique. Une autre pourrait suivre en fin d'année.

Le Point : Croyez-vous au retour de l'inflation, une crainte qui a présidé à la correction récente des marchés ?

Gilles Etcheberrigaray : La crainte me paraît prématurée, même aux États-Unis. Le pétrole a chuté de 15 % par rapport à son plus haut. La pression sur les prix qu'exerce le développement des nouvelles technologies n'a pas disparu. La relance budgétaire dirigée principalement vers les entreprises et les ménages riches boostera moins la consommation, et donc l'inflation, qu'attendu. Enfin et surtout, après neuf ans de croissance ininterrompue, les États-Unis sont proches de la fin de cycle et la banque centrale poursuit sa politique de hausse des taux, tout élément qui ne plaide pas pour une inflation élevée à terme.

La correction vous paraît donc exagérée ?

Non. Les marchés ont corrigé les excès des investisseurs qui avaient vendu massivement de la volatilité, tablant sur l'absence de mouvements importants de marchés en 2018 dans la continuité du trend des années précédentes. C'est une violente correction technique qui était nécessaire : en quelques jours, certains de ces produits sont passés d'un encours de 3 milliards de dollars à 150 millions, soit une perte de 95 %.

Est-elle terminée ?

À court terme, oui. Pour preuve, la correction n'a pas contaminé les autres classes d'actifs ni généré de hausse des valeurs refuges. Elle redonne des perspectives d'investissement à court terme. Mais il reste l'incertitude liée aux fondamentaux de l'économie américaine. On peut avoir fin 2018, début 2019, la hausse des taux de trop.

Que fait-on entre-temps ?

On peut jouer le rebond du dollar en achetant des bons du Trésor américains qui commencent à être très correctement rémunérés. Ils s'apprécieront si les taux longs venaient à baisser en cas de ralentissement de l'activité outre-Atlantique. On peut également revenir sur les actifs risqués et notamment les actions européennes. Paradoxalement, l'accélération de la croissance en Europe s'est matérialisée par la hausse d'environ 15 % de l'euro par rapport au dollar, mais n'a pas généré de hausse significative des marchés actions. Si le dollar se réapprécie, les actions européennes en profiteront.

Sur quelles valeurs ?

Nous privilégions les valeurs cycliques (industrie, automobile…) qui sont portées par la croissance actuelle ainsi que les bancaires qui bénéficient de la hausse des taux.

Qu'est-ce qui vous ferait changer d'avis ?

Une baisse plus rapide qu'anticipé des taux à dix ans, car ce serait un signe avant-coureur de l'éminence d'une récession aux États-Unis ou a contrario une accélération des prix du pétrole, car elle validerait le scénario de la reprise de l'inflation.

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